Boulangers, quand se lancer dans l’entreprenariat ?

Boulanger(e) depuis quelques années, vous rêvez de devenir votre propre patron ? L’entreprenariat fait rêver, mais attention, ce n’est pas chose aisée ! Se mettre dans la peau d’un chef d’entreprise nécessite une préparation longue, minutieuse et rigoureuse. Nous vous dévoilons ici les premiers conseils pour que tout se passe pour le mieux.


Se lancer dans l’entreprenariat sans brûler les étapes


On ne nait pas patron, on le devient ! Et les étapes sont nombreuses. Avant tout, il faudra tout d’abord faire vos armes en tant que salarié(e). Car être propriétaire et gérant de sa propre boulangerie, ne signifie pas seulement faire du bon pain ! Il faut également être à même de gérer les aspects administratif, marketing, logistique, managériaux… un bon patron doit être sur tous les fronts. Formez-vous auprès d’un bon boulanger, au sein d’une entreprise vous permettant de belles évolutions professionnelles.

Une fois ces compétences acquises, il vous faudra réfléchir à votre implantation, votre positionnement, votre statut juridique, mais aussi et surtout, à votre équipe fondatrice. Car si vous devez savoir tout faire, vous ne pouvez pas tout faire ! En amont, recrutez au moins un ou vendeur/euse qui sera en charge de la caisse et de l’accueil pendant que vous serez en labo. Votre budget vous semble trop juste pour embaucher plusieurs salariés ? Tournez-vous vers les apprentis. Comme vous fut un temps, il souhaitent apprendre aux côtés de professionnels !


Si vous comptez recruter moins de 10 salariés, vous serez tenu(e) d’effectuer un stage de préparation à l’installation, grâce auquel vous bénéficierez d’une formation pour comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Pour plus d’informations sur ce stage, rapprochez-vous de votre Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat.

Mais pour une création d‘entreprise efficace, le mieux est encore de s’entourer de conseillers spécialisés.

Rencontre avec Damien Conejos, Chef-traiteur événementiel

Nous avons rencontré Damien Conejos, Chef chez Feed Traiteur, une entreprise qui a la vocation de “dépoussiérer les codes du traiteur gastronomique.”. Pour nous, le Chef revient sur son parcours, ses expériences, et délivre des conseils avisés pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure traiteur-événementiel.

Damien Conejos, un chef traiteur inspiré

Pouvez-vous vous présenter ? Nous raconter votre parcours, vos expériences en tant que chef traiteur ?

Je suis Damien Conejos, chef de cuisine. J’ai débuté en tant qu’architecte d’intérieur car ma mère, qui était dans la restauration, a essayé de me décourager d’exercer ce métier pour tenter d’avoir une vie plus rangée.
J’ai, ensuite, décidé de me réorienter et j’ai obtenu un BTS cuisine et un BTS traiteur-organisateur de réceptions.
Une fois mes études terminées, j’ai travaillé chez des traiteur, puis j’ai créé ma société, Feed Traiteur en 2009.

Les créations inspirées de Damien Conejos

Les créations inspirées de Damien Conejos

Pourquoi avez-vous choisi d’exercer chez un traiteur ?

J’aime beaucoup la minutie que demande la création de petites pièces. J’apprécie également l’aspect événementiel du métier : la demande peut aller d’un couvert jusqu’à un nombre indéfini.
On ressent une certaine adrénaline à essayer d’atteindre la perfection en très peu de temps.

Comment alliez-vous votre savoir-faire aux désirs des clients ?

Nous établissons un cahier des charges avec nos clients. Nous leur posons des questions : leur budget, le type de manifestation souhaitée… Puis nous orientons petit à petit et, à la fin, nous en arrivons à un événement très personnalisé.
Nous touchons aussi bien les particuliers, avec l’organisation de mariages ou de baptêmes, par exemple, que les professionnels, avec des plateaux-repas, séminaires, diners de gala.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Nous essayons de proposer une cuisine moderne, revisitée. Nous faisons ce que nous avons envie de faire, ce qui nous plait. Un petit peu au feeling, en essayant de suivre les nouveautés.

Haute cuisine, roasted Foie gras with homemade ravioli and apples

Haute cuisine, roasted Foie gras with homemade ravioli and apples

Comment vous renouvellez-vous ?

Nous retravaillons chaque saison : printemps, été automne, hiver. Nous cherchons les produits qui nous inspirent, puis nous modifions la recette de base avec des produits de saison.

Qu’est ce qui fait votre spécificité ? Qu’est-ce qui vous différencie des autres chefs traiteurs ?

Nous avons un grand pouvoir : nous pratiquons énormément le sur-mesure, tout le monde ne le fait pas.

Quelles sont les qualités et compétences pour évoluer dans les métiers de l’évènementiel ?

Organisation, excellence et sens de la qualité. Toutes les pièces doivent être les mêmes et il faut garder la même rigueur jusqu’au Jour J.

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ?

Nous avons fait un événement pour le Prince Albert de Monaco, un colloque sur les fonds marins, sur le bateau de la Marine Nationale. Nous avions 3 heures pour contenter 5 000 / 6 000 convives, avec tout un protocole à suivre

Un métier où le détail règne en maître

Un métier où le détail règne en maître

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait devenir chef chez un traiteur ?

Il faut toujours faire passer la satisfaction du client en priorité, toujours rester très carré et de ne pas avoir peur de travailler quand d’autres font la fête. Nous avons un large volume horaire sur une semaine pour une prestation de quelques heures.

Vous souhaitez devenir Chef-traiteur ? Découvrez les diplômes indispensables, les qualités nécessaires et bien d’autres informations sur notre fiche métier consacrée au traiteur-événementiel.

Merci à Damien Conejos – Feed Traiteur
67, avenue Franklin Roosevelt 69150, Décines
04.72.45.86.76

Fiche métier
DEVENEZ TRAITEUR

C’est sur les épaules et l’imagination du traiteur que repose un événement réussi. Garant du buffet, le traiteur doit composer avec créativité et organisation pour satisfaire les convives et faire face aux aléas du Jour J. Vous êtes inspiré(e), rigoureux/euse et avez un sens de l’ordre inné ? Alors pourquoi ne pas devenir traiteur ?

Le traiteur, des idées de mets plein la tête !

FICHE MÉTIER TRAITEUR

En route avec la Rolling Cantine, le food-truck à burgers préféré des lyonnais

Si vous êtes lyonnais, vous avez sûrement déjà croisé la route de la Rolling Cantine. Ce food-truck itinérant aux allures rock’n roll propose des burgers conçus à partir de produits frais et locaux. Nous avons rencontré Nicolas Peres, le fondateur pour qu’il nous raconte la genèse de son food-truck, son activité quotidienne et ses projets futurs.

La Rolling Cantine, une ode aux burgers originaux

Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours, votre concept ?

Nicolas Peres, j’ai créé la Rolling Cantine il y a maintenant plus de quatre ans, avec un autre associé qui, depuis, a quitté le projet.
Auparavant, j’étais auditeur en comptabilité et finances. J’ai fait ça pendant près de douze ans. Puis j’ai eu envie de faire d’autres choses, de rencontrer d’autres personnes.
La Rolling Cantine est un food-truck dédié aux burgers. Nous proposons des burgers et des frites, élaborés à partir de produits de saison locaux. Nous changeons notre carte assez régulièrement pour suivre la saisonnalité.

 

Et pour accompagner le diable, un Mixed Emotion!!! #foodtruck #foodtrucklyon #streetfood #bestburgerlyon

Une publication partagée par The Rolling Cantine (@therollingcantine) le

Pourquoi avoir fait le choix d’un food-truck plutôt qu’un restaurant classique ?

Ce qui est important quand vous vous lancez dans la restauration, c’est l’emplacement. Un bon emplacement, peut vite être très cher et il y a peu de garanties. Soit vous vous installez dans un bel endroit, un lieu stratégique et vous payez cher, soit vous avez une certaine renommée et vous pouvez vous installer où bon vous semble. N’ayant ni l’argent, ni la renommée, au début, nous avons opté pour le food-truck. Vous pouvez avoir une certaine liberté quant au choix de votre emplacement et si ça ne marche pas, vous changez et allez ailleurs !

Qu’est-ce qui vous différencie des traiteurs ou restaurants plus traditionnels ?

Pas grand-chose au final, à part être itinérant. Nous essayons de proposer la même chose que dans un restaurant traditionnel. Ce qui nous différencie réellement, c’est que nous n’avons pas de tables, pas de chaises et quand il pleut, les gens au comptoir sont tous mouillés ! Mais sinon, nous proposons sensiblement la même chose.

La Rolling Cantine attend les plus gourmands sur les quais du Rhône !

La Rolling Cantine attend les plus gourmands sur les quais du Rhône !

Quelle clientèle ciblez-vous, vous qui avez fait le choix d’un positionnement assez rock ?

Tout le monde. Même si nous nous apercevons que nous avons une clientèle plutôt féminine qui se trouve dans la tranche d’âges 28-45 ans. Ce sont souvent des femmes qui travaillent dans les bureaux environnants, qui viennent pour découvrir puis font ensuite découvrir à leurs collègues.

Pourquoi avoir fait le choix de vous concentrer exclusivement sur les burgers ?

Nous sommes dans un camion donc nous devons faire une cuisine assez simple et efficace. Nous pensions que c’était un bon support pour proposer des choses différentes et variées. Au final, un burger c’est du pain et du steak. On peut avoir l’impression que ce n’est pas très français, mais au final, c’est bien français ! Nous pouvons associer plein de choses avec un steak, des légumes, plein de sauces différentes… Nous pouvons créer de nouvelles recettes, ce qui est plus compliqué avec d’autres cuisines. C’était également le début de la mode du burger quand nous nous sommes lancés. Comme nous étions les premiers à lancer ce concept à Lyon, nous avons eu la chance de pouvoir profiter de cette mode et de travailler dessus.

Quelle est votre valeur ajoutée ?

Aujourd’hui, notre valeur ajoutée est de faire le meilleur burger en rapport qualité prix sur Lyon. Pour 10€, vous mangez burger-frites-boisson. C’est assez imbattable en termes de prix ! Nous travaillons uniquement sur du produit local. Nous avons la chance d’avoir tous nos fournisseurs à proximité. Nous sommes sur les marchés, ce qui nous permet d’échanger avec nos voisins maraichers par exemple. Comme nous travaillons avec de bons produits, et que nous nous débrouillons pas trop mal, on en arrive à un burger vraiment pas mal !

 

Quelles ont été les grandes étapes de création ?

Comme tout projet il y a eu quelques soubresauts, des gens avec qui je voulais travailler au début, avec qui nous avons commencé à travailler et avec qui ça ne s’est pas fait.
En fin de compte, ce sont des étapes assez classiques : déterminer une idée, trouver comment la réaliser, faire goûter… Nous avons fait de nombreux tests pour voir si ça pourrait plaire, s’il y aurait une clientèle pour ce que nous voulions proposer, définir les zones de chalandises pour choisir les lieux où nous pourrions travailler.
Nous devions également trouver un camion et des financements pour acheter le nécessaire. Et enfin, mettre le camion sur la route et se lancer !

Vous êtes étroitement liés au monde de l’événementiel, notamment avec votre présence au parc OL, dans des évènements lyonnais, comment concilier ces deux univers ?

Les deux sont très complémentaires. Je m’explique, on fait de l’évènementiel parce qu’on travaille tous les jours, tous les midis en ville et l’évènementiel nous permet aussi par la suite de faire revenir d’autres personnes au quotidien. Au final, on ne peut faire de l’évènementiel que lorsqu’à un moment donné, on a été reconnu.
Par exemple, le Transbordeur est venu goûter, directement au camion, puis ils nous ont dit qu’ils aimeraient changer les sandwichs qu’ils proposaient alors. À la question « Est-ce que vous voulez venir ? » Nous avons répondu : OUI. Voilà, comment ça s’est déroulé. Ca s’est passé de la même façon pour le stade.
Le retour, c’est que toutes ces personnes qui viennent manger, au stade, au Transbordeur ou encore sur des anniversaires ou des mariages, ce sont des gens qui reviendront au camion pour manger le midi.
De plus, il faut trouver les évènements et être capable de donner une visibilité au camion et à ce que nous proposons. Il faut également être assez réactif car nous sommes sur un marché assez concurrentiel.

 

Encore deux vaillants!!@lacamionnette_comptoir @therollingcantine @lyonstreetfoodfestival @subsistances_lyon #foodtruck #foodtrucklyon #streetfood

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Quelles sont les qualités indispensables pour un professionnel des métiers de bouche souhaitant évoluer dans l’événementiel ?

Il y a un truc primordial, il faut être prêt à faire des heures ! Ensuite, il faut être agréable, avoir le sens du contact. Autant à midi, les gens viennent pour déjeuner. Ils sont dans une configuration « travail ». Alors que quand vous faites un mariage, un anniversaire, que vous êtes au stade, les gens sont là pour passer un bon moment. Ils viennent manger parce qu’ils veulent ajouter la nourriture dans leur moment de plaisir. Si vous vous êtes en face de quelqu’un et que vous n’êtes pas très aimable, eh bien quelque part vous leur gâchez leur plaisir.

 

Dernier passage de la Rolling Cantine @subsistances_lyon et le soleil est avec nous!!! #foodtrucklyon #foodtruck #bestburgerlyon #crisclooney

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Quel conseil donneriez-vous à un professionnel des métiers de bouche qui souhaiterait ouvrir son food-truck ?

De ne pas l’ouvrir ! Non, je plaisante, mais aujourd’hui encore, ce n’est pas facile de trouver des emplacements stratégiques. Beaucoup de villes rechignent à ouvrir leurs trottoirs aux camions.
Le plus important est donc de s’assurer que ce que vous allez proposer corresponde à la clientèle que vous voulez toucher. Par exemple si demain vous décidez de proposer des plats traditionnels français dans des zones cosmopolites, c’est une offre qui ne me semble pas être adaptée.
Le but final est de vendre donc il faut trouver une clientèle par rapport à la demande et adapter son offre par rapport à cette demande et à l’emplacement.

Comment imaginez-vous l’avenir de The Rolling Cantine ?

Florissant ! Aujourd’hui, nous essayons de trouver un endroit pour s’installer en fixe sur Lyon, en plus du camion. J’espère que nous trouverons vite…

Retrouvez les délicieux burgers de la Rolling Cantine ! Bon appétit !

Devenez responsable de salle

Le responsable de salle est le capitaine du restaurant, du bar, de l’hôtel ou de la brasserie dans laquelle il évolue. Il gère d’une main de maître toute l’organisation et veille à ce que tout se passe comme prévu. Vous avez le sens de la diplomatie et faites preuve d’un vrai leadership ? Alors découvrez vite le métier de responsable de salle

Responsable de salle, commandant à bord

Responsable de salle

Si vous souhaitez devenir responsable de salle, n’hésitez pas à contacter nos équipes à contact@thegoutjob.com, nos équipes seront ravies de vous guider et vous conseiller !

Comment faire face aux situations sexistes au travail ?
Rencontre avec
Nicolas Merle, avocat

À l’occasion de l’opération Paye ta Toque ! qui vise à dénoncer le sexisme et le harcèlement dans les métiers de bouche, Nicolas Merle, avocat collaborateur dans un cabinet spécialisé en droit du travail et en droit social, a accepté de faire lumière sur les recours et solutions en cas de harcèlement ou d’agression sur le lieu de travail.

Victime ou témoin d’une situation sexiste sur le lieu de travail, que faire ?

 

À partir de quand peut-on parler d’harcèlement ou d’agression sur le lieu de travail ?

Il y a plusieurs choses à savoir. Il existe différentes qualifications qui regroupent plusieurs réalités : il y a le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, les actes sexistes, qui sont arrivés récemment dans la législation, et il y a les agressions sexuelles qui relèvent du Code pénal et qui sont répréhensibles à d’autres titres.

Le harcèlement moral est défini comme des actes répétés qui entraînent la dégradation des conditions de travail et porte atteinte à la dignité, la santé physique ou psychologique du salarié. Ce qu’il faut retenir pour le harcèlement moral c’est que ce sont des agissements qui sont répétés. Il ne peut pas résulter d’un seul incident.

Concernant le harcèlement sexuel, il se caractérise par des propos ou des comportements humiliants, intimidants, hostiles ou offensants, à connotation sexuelle, qui portent atteinte à la dignité du salarié.
Le harcèlement sexuel ne tient pas seulement compte des agissements répétés. Il peut aussi résulter d’une pression grave : des propositions ou des avances afin d’obtenir les faveurs sexuelles d’un salarié, pour une promotion par exemple.
Le harcèlement, de manière générale, se caractérise normalement par des agissements répétés. Mais en matière de harcèlement sexuel, si l’acte est vraiment grave, il suffit qu’il n’y en ait qu’un pour que le harcèlement sexuel soit retenu.

Les agressions sexuelles sont quant à elles régies par le Code pénal. Pour le harcèlement, nous étions vraiment sur des mots, des comportements, mais pas sur des atteintes physiques. L’agression sexuelle se caractérise par une atteinte sexuelle commise sur une personne. De façon générale, l’agression sexuelle peut aller de l’attouchement au viol.

Depuis 2015, on parle aussi d’agissements sexistes. Ils sont définis comme des agissements liés au sexe de la personne. Ils vont également atteindre la dignité, et visent à intimider la personne.

Parmi les témoignages Paye ta Toque, certains relèvent d’agissements sexistes, d’autres de harcèlement moral ou sexuel.

Par exemple, celui de M. – Apprentie-pâtissière relève plutôt du sexisme et du harcèlement moral. Les propos tenus relèvent de l’acte sexiste au minimum, mais il est fort probable qu’elle ait subi un harcèlement moral, car ce sont des propos désobligeants et ces actes n’ont sûrement pas été isolés. En revanche, ce cas-là ne relève pas du harcèlement sexuel : il n’y a pas de volonté réelle ou apparente d’obtenir un acte de nature sexuelle.

3- M Apprenti patissiere

M. a été victime de harcèlement moral

 

Le témoignage de J – chef de partie, relève lui du harcèlement sexuel, et peut-être même de l’agression sexuelle. Les propos du Chef, qui lui dit qu’il avait rêvé d’elle et qu’en se réveillant, « il avait juté », ont une connotation sexuelle.

5 - J Chef de partie

le témoignage de J. peut relever de l’agression sexuelle

 

Concernant le témoignage de J – Extra en restauration, on est, selon moi, sur une agression sexuelle. Il y a un attouchement. Pour que ça relève de l’agression sexuelle, il doit y avoir une atteinte sexuelle qui a eu lieu avec violence, contrainte ou surprise. C’est ce que dit la loi. Ici, nous sommes sur de la contrainte et de la surprise. On a quitté la sphère des mots pour passer aux actes. C’est une agression sexuelle.

7- J Extra restau

J. a subi une agression sexuelle

 

Quelle est la première chose à faire en cas de comportement déplacé de la part d’autrui sur le lieu de travail ?

En premier lieu, la victime doit en parler. Si elle a confiance, il faut qu’elle en parle à ses collègues, mais surtout à sa hiérarchie, qui peut être à l’écoute. Dans un des témoignages, un Chef dit que pour lui, c’est très important de protéger ses salariés contre ces agissements.
Par ailleurs, il faut s’adresser aux représentants du personnel s’il y en a, et/ou à la médecine du travail.
Pour un témoin, c’est plus compliqué. Ce n’est qu’un simple spectateur. Il ne peut pas agir en lieu et place de la victime. Le meilleur conseil que je pourrais donner serait d’en parler avec la victime, de l’amener à se confier à sa hiérarchie.

 

Quels sont les recours juridiques possibles en cas d’harcèlement ou d’agression ?

Les recours sont assez nombreux. Il ne faut pas avoir peur de les exercer. Victimes et témoins sont protégés.
Le 1er recours peut être d’alerter le médecin du travail ou de saisir l’inspection du travail. Cette dernière entrera directement en contact avec l’employeur pour savoir ce qu’il se passe, quelles sont les mesures qui ont été prises pour éviter que le problème ne se répète, est-ce que le salarié est préservé… En cas de procédure judiciaire, saisir l’inspection du travail montrera que la victime avait déjà donné l’alerte.

Une action plus radicale sera de saisir le Conseil des Prud’hommes. Des dommages et intérêts pourront alors être demandés pour le harcèlement subi, mais surtout, le salarié pourra demander à ce que le contrat de travail puisse être rompu au tort de l’employeur. Ce qui aura les effets d’un licenciement abusif, sans cause réelle et sérieuse, voire nul, et garantira les droits du salarié par l’octroi de diverses indemnités et de ses droits au chômage sans difficulté.
Il y a cependant certaines conditions : le salarié doit aussi démontrer que les faits qu’il allègue sont un minimum étayés.

Avant, le salarié harcelé devait établir des faits permettant de présumer l’existence d’un harcèlement. Maintenant, c’est un peu plus simple pour le salarié car il n’a plus besoin de prouver tous les faits. Il doit simplement présenter des éléments qui font supposer l’existence d’un harcèlement (en ayant saisi l’inspection du travail, en ayant parlé à la médecine du travail ou à son médecin traitant, à ses collègues etc…). Tout ça peut laisser présumer qu’il existe des faits de harcèlement. Il appartiendra ensuite à l’employeur de le justifier. C’est pour ça qu’il est important d’en parler. S’il y a une procédure, le salarié aura des éléments pour prouver ses dires.

Pour les choses les plus graves, on peut directement porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agressions sont prévus par le Code pénal. Malheureusement, à part pour les cas d’agressions sexuelles, il y a assez peu de chance que ça aboutisse. Ils vont considérer que cela relève du droit du travail et pas du droit pénal.

 

Beaucoup de femmes ayant témoigné ont avoué avoir peur des conséquences en cas de plainte. Sont-elles protégées ? Peut-il y en avoir ?

Il ne faut pas penser aux conséquences et cesser d’avoir peur. Si les faits sont exacts, si on a au moins la possibilité de les rendre possibles à défaut de les prouver, il n’y a aucune raison d’avoir peur.
Il ne peut pas y avoir de sanction envers un salarié ou un témoin, s’il signale un harcèlement ou une agression. Le fait même d’entreprendre une action juridique n’est pas un motif de licenciement. Tout un chacun peut faire valoir ses droits. Les salariés, victimes ou témoins, sont juridiquement protégés.
Il est vrai que dans certains établissements, il peut y avoir des pressions sur les victimes ou les témoins. Mais le droit est avec eux.

 

Que se passe-t-il s’il n’y a ni témoins, ni preuves ?

C’est le gros problème. En droit, il ne suffit pas de dire les choses, il faut au minimum apporter des éléments qui laissent supposer l’existence d’un fait de harcèlement ou d’une agression sexuelle. S’il n’y a aucun de ces éléments, il sera malheureusement très compliqué d’arriver à soutenir devant le juge qu’on a été victime de harcèlement ou d’agression. Ce sont des accusations graves pour celui qui est accusé de ces faits, donc il ne faut pas prendre ces accusations à la légère, et disposer d’éléments tangibles à l’appui de ces allégations. La preuve est facile à rapporter mais il faut au moins quelques éléments.

 

Quel comportement doit adopter un employeur s’il soupçonne un employé d’en harceler un autre ?

L’employeur a une place centrale dans ces problématiques de harcèlement. La première chose à faire, c’est écouter le salarié qui se prétend harcelé. Ensuite, le plus rapidement possible, il doit faire en sorte de pouvoir mener une enquête pour savoir quelle est la réalité des faits. C’est une obligation. Il faut qu’il entende tous les protagonistes de l’affaire, séparément de préférence. Si possible, l’employeur devra être accompagné par un représentant du personnel ou un autre salarié pour attester du sérieux de l’enquête. En parallèle de cette enquête, qui mènera ou non à un résultat, il faut qu’il puisse garantir la sécurité la personne qui se prétend harcelée, que ce soit vrai ou faux.
Pour cela, il a plusieurs possibilité : soit il arrive à faire en sorte que les personnes concernées ne se côtoient pas dans le cadre de l’entreprise, ce qui peut être difficile en pratique, soit il peut mettre à pied, à titre conservatoire, le présumé harceleur, c’est-à-dire qu’il lui sera demandé de ne pas se rendre sur son lieu de travail le temps de l’enquête.
Si jamais les faits sont avérés, il peut y avoir une sanction disciplinaire appliquée par l’employeur, qui pourra aller jusqu’au licenciement pour faute grave. Si l’employeur juge que les faits ne sont pas avérés, il peut annuler la mise à pied et réintégrer le salarié.
L’employeur doit être vigilant car il a une obligation de sécurité envers ses salariés et il lui appartient de prendre les décisions qui lui permettent de garantir l’intégrité physique, morale et psychique de ses salariés.
Si jamais il a connaissance d’un profil harceleur ou agresseur, il doit être vigilant et éventuellement se séparer du salarié. C’est un motif de licenciement pour faute grave. Il ne faut pas que l’employeur hésite à enclencher la procédure de licenciement si les faits sont graves et avérés car ce sont des salariés qui, par la suite, peuvent continuer leurs agissements.

 

Certaines femmes pensent qu’elles n’ont pas les moyens financiers pour agir. Quelles sont les solutions ?

Il y a plusieurs solutions. C’est vrai que parfois, agir peut couter cher. Pour les personnes les plus modestes, il faut signaler l’existence de l’aide juridictionnelle qui permet de bénéficier de la prise en charge partielle ou totale des frais d’avocat, selon les revenus.
Il y a aussi la possibilité de se faire représenter légalement par un défenseur syndical, c’est gratuit. Il suffit d’aller voir les syndicats.
Ce n’est pas obligatoire de se faire représenter par un avocat aux Prud’hommes, la personne peut s’y présenter seule si elle le souhaite. Maintenant, la plupart des avocats pratiquent des prix raisonnables et permettent souvent l’échelonnement du tarif.
Dans tous les cas, il ne faut pas hésiter à aller voir un avocat. Avant tout, il convient de se renseigner sur les tarifs pratiqués.
Par ailleurs, il y a aussi la possibilité de prendre contact l’ordre des avocats, qui met en place des permanences gratuites au Palais de Justice. Ces consultations sont, certes assez courtes, mais elles sont gratuites. Elles permettent de poser des questions à des avocats expérimentés qui seront capables d’orienter sur la procédure à suivre.
Aujourd’hui, il existe des solutions pour les personnes qui n’ont pas les moyens. Cependant, les procédures restent assez longues. C’est peut-être là le plus gros frein à l’action des salariés.

Brève histoire du métier de chocolatier

À l’heure où nous écrivons ces mots, les professionnels de la pâtisserie-chocolaterie s’activent déjà depuis de bons mois pour ravir tous les gourmands à Pâques et redoubler d’imagination pour séduire et surprendre leurs clients. Nous avons décidé de consacrer ce dossier thématique aux chocolatiers et pâtissiers pour vous faire découvrir les coulisses de ces métiers.

Aux origines du métier

S’il y a près de 2 600 ans, les populations aztèques consommaient déjà du chocolat, le métier de chocolatier, lui, est arrivé bien plus tard.
C’est à la cour du roi Charles Quint, au XVIe siècle, que le chocolat fera sa première apparition européenne. La France, elle, ne le découvrira qu’à l’occasion du mariage entre Anne d’Autriche, infante espagnole et Louis XIII. Mais il faudra attendre Marie-Antoinette et Louis XIV pour en faire une gourmandise incontournable à Versailles. On raconte que Louis XV aimait tellement le chocolat chaud qu’il lui arrivait de descendre lui-même en cuisine pour s’en préparer !
La_famille_du_Duc_de_Penthièvre_dit_la_tasse_de_chocolat
Il faudra attendre le XIX° pour voir le chocolat se populariser auprès du peuple. En France, ce sera Jules Pares, chocolatier, qui ouvrira la première fabrique de chocolat (cette fabrique est d’ailleurs l’ancêtre du groupe CEMOI ! ). Le chocolat a ensuite connu de nombreuses innovations pour plaire tous les goûts : en poudre, en barre, au lait, aux fruits…
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Quelques familles d’artisans-chocolatiers français ont traversé les années et perpétué la tradition, comme Pralus ou Bernachon.
EN 1994, est organisé le premier salon du chocolat. Véritable réussite, il permettra aux artisans-chocolatiers de faire connaître leur savoir-faire et stimuler leur créativité.

Aujourd’hui, les chocolatiers sont devenus des superstars. C’est le cas de Pierre Hermé, qui propose ses créations sou forme de collections ou encore Sébastien Bouillet qui propose des gourmandises toujours plus colorées et originales.

Mignardises pour le stand VIP #nespresso #sirah2017 #tartepraline #tartescitron #chouxchocolat #vip Une photo publiée par Sébastien Bouillet (@bouillet_lyon_tokyo) le

Certains grands noms du domaine se sont même associés à des marques de haute-couture pour faire la promotion de leurs produits.

Le métier de chocolatier à l’honneur

Comme à Noël ou à la saint-Valentin, pour Pâques, les artisans-chocolatiers redoublent de travail et rivalisent de créativité pour faire rêver leurs clients. The Goût Job met leur savoir-faire à l’honneur pour l’occasion : du 01 mars au 30 avril, c’est tout un dossier thématique qui leur est consacré.
Nous irons dans les coulisses d’une chocolateries, rencontrerons des professionnels du chocolat, mettrons en lumière les nombreuses et prestigieuses formations pour accéder au statut d’artisan-chocolatier. Alors restez avec nous !

Création de Sébastien Bouillet pour le Salon du Chocolat 2015

Création de Sébastien Bouillet pour le Salon du Chocolat 2015

Guide Michelin, des étoiles pour toute la brigade !

Si certains veulent décrocher la lune, d’autres sont prêts à tout pour attraper quelques étoiles. Le 09 février 2017, le guide Michelin a dévoilé son palmarès. Mais que signifient vraiment ces étoiles si recherchées ? The Goût Job lève le voile sur cet événement qui ne récompense pas seulement un chef, mais toute une brigade.

Le guide Michelin, dans les pas des faiseurs d’étoiles

En 1900, les frères Michelin, André et Édouard, ont une idée de génie : offrir un guide de voyage recensant les lieux à voir, les garages automobiles, et des cartes routières à quiconque achèterait leurs pneumatiques. Le but était alors de donner envie aux consommateurs de voir du pays et donc de les pousser à acheter des pneus. Cinq ans après sa parution, le guide établit déjà un classement des hôtels.

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Aujourd’hui, le guide Michelin est une véritable institution dans le monde de la gastronomie. Il affole, crée la polémique et perpétue le mythe.

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Une étoile de gagnée, une brigade récompensée

Si, aux yeux du grand public, les étoiles mettent un chef à l’honneur, en coulisse, c’est à la totalité de la brigade que reviennent les honneurs. Car, que serait le chef sans son sous-chef, ses chefs de partie, ses commis, ses apprentis mais aussi le personnel de salle ?

ORGANIGRAMME BRIGADE

Chef : C’est le maestro de la brigade. Il crée les menus et est le garant de la carte. C’est de lui que dépend le reste de la brigade.

Sous-chef : Véritable bras droit du chef, il doit pouvoir le seconder et anticiper ses demandes à tout moment. En l’absence du chef, c’est à lui que reviennent les responsabilités. Il peut également être chef de partie si la brigade ne compte pas beaucoup de personnel.

Les chefs de partie : Ils sont spécialisés dans un domaine dans lequel ils doivent exceller.

Le tournant : Polyvalent, il doit pouvoir remplacer tous les chefs de partie en leur absence ou en cas de forte affluence.

Chef pâtissier : Il réalise les desserts, les entremets sucrés, les glaces et parfois le pain et les viennoiseries.

Chef de partie garde-manger : c’est à lui que revient la responsabilité de concevoir les entrées et les buffets froids, mais aussi la découpe des viandes et charcuteries. Il peut aussi avoir à préparer les légumes.

Chef de partie poisson : Il réalise la préparation des poissons et de tous les produits de la mer. Certaines fois, il peut aussi réaliser les sauces des plats à base de poissons.

Chef de partie rôtisseur : C’est à lui qu’incombe le rôle de préparer et cuire les viandes.

Chef de partie entremétier : Il prépare les garnitures à base de légumes, les entremets salés et les entrées chaudes.

Chef de partie saucier : Il a pour mission de réaliser les plats en sauce.

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Souvent, c’est ainsi que sont constituées les brigades. Mais en fonction de la taille du restaurant, les équipes peuvent varier. Aux postes présentés ci-dessus, peuvent s’ajouter le communard, qui prépare les repas du personnel, des commis, qui servent de petites mains aux chefs de partie, et bien-sûr des apprentis, qui sont là pour apprendre le métier.

Si les métiers de la restauration vous intéressent, inscrivez-vous sur The Goût Job, le Partenaire Carrière des métiers de bouche. Qui sait, un futur chef étoilé se cache peut-être en vous !

The Goût Job vous raconte son premier Sirha !

Du haut de nos 1 an et quelques mois, nous n’avions pas encore eu l’occasion de mettre un pied au Sirha, un salon dédié aux professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et des métiers de goût. Nous vous racontons cette première fois !

Des noms prestigieux croisés au détour des allées

Le Sirha, c’est LE lieu de rencontre de tous les grands chefs et professionnels des métiers de bouche.Ils sont près de 208 000, dont 25 469 grands chefs, à venir présenter leurs produits, développer leur réseau, participer à l’un des 21 concours ou montrer leur savoir-faire (près de 1650 démonstrations se déroulaient chaque jour).

Ainsi, nous avons pu rencontrer le merveilleux Thierry Marx qui oeuvre tant pour l’emploi et la formation, Sébastien Bouillet, grand pape de la pâtisserie originale, Guillaume Gomez, chef au Palais de l’Élysée, Grégory Cuilleron, Ambassadeur Cuisinier pour The Goût Job et pour l’AGEFIPH, et bien d’autres encore. Chaque coin et recoin grouillait de célèbres chefs, de futurs professionnels passionnés, ou de Meilleurs Ouvriers de France talentueux.
Découvrez  tous nos portraits de professionnels rencontrés au Sirha ici.

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Les nouveaux enjeux des métiers de bouche

Ce salon est tourné vers la créativité et l’innovation. C’est pourquoi The Goût Job a été invité à prendre la parole sur les métiers de bouche et leurs nouveaux enjeux. Amélie Marra, fondatrice-dirigeante de The Goût Job s’est entourée de Christophe Girardet, boulanger et fondateur des boulangeries Victor et compagnie, Cédric Béjaoui, poissonnier-écailler Meilleur Ouvrier de France 2011 et Benoît Charron fromager et président du Syndicat de la Fromagerie. Nécessité de moderniser la formation, émergence de l’alternance, place de la jeunesse et digitalisation des métiers de bouche ont été au coeur de ces échanges.

“Quand on est passionné, on ne s’arrête pas. Tant que le travail n’est pas fini, on ne lâche rien. On va jusqu’au bout, avec détermination. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas de vie derrière, au contraire ! Une grande partie de notre métier tourne autour de notre vie.”

Cédric Béjaoui poissonnier-écailler Meilleur Ouvrier de France


Cliquez ici pour visualiser la conférence

 

Un boulevard se dessine pour les métiers de bouche au Sirha 2019

S’il y a encore du chemin à parcourir, ce salon nous a prouvé que les métiers de bouche avaient encore de beaux jours devant eux ! Le Village des métiers de bouche, espace dédié à la boulangerie, la pâtisserie, la boucherie, la fromagerie et la poissonnerie a notamment été un véritable succès lors de cette édition 2017.
Découvrez la série de photos consacrée au Village des métiers de bouche ici.

 

Mosaique village2

Cela nous conforte dans l’idée qu’il faut continuer à faire briller les métiers de bouche. Lors de ce salon, nombreux étaient les étudiants, apprentis ou professionnels ou amateurs à se promener dans les allées des étoiles plein les yeux.

Nous devons nous rendre dans les collèges et lycées, aller à la rencontre des plus jeunes, proposer des actualités, portraits ou interviews pour faire découvrir les nombreuses opportunités de carrière qu’offrent ces métiers. Les beaux exemples de réussite sont nombreux et doivent prendre la parole pour faire naître des vocations.

A nos yeux, la promotion des métiers de bouche est un enjeu primordial.

 

 

A très vite pour l’édition 2019 !

Noël chez Philippe Chouquet, boucher restaurateur

Noël et sa traditionnelle dinde… Mais ce n’est pas tout ! Le travail du boucher va bien au-delà. Les consommateurs sont à la recherche de nouveaux goûts et font place à la nouveauté lors des fêtes de fin d’année. Pour cette dernière interview de notre dossier thématique consacré au Noël des professionnels, nous sommes allés à la rencontre de Philippe Chouquet, qui nous avait déjà parlé du métier de boucher. Aujourd’hui, le boucher-restaurateur se confie sur l’organisation que nécessitent les fêtes de fin d’année.

Philippe Chouquet est un boucher révolutionnaire. Il y a deux ans, il a créé le concept de boucherie-restaurant, l’Argot. Ses clients y viennent pour acheter de la viande à cuisiner chez eux ou pour la goûter préparée sur place.
Passionné, le boucher a de grandes ambitions pour l’univers de la boucherie :

Je souhaite apporter du renouveau à la boucherie, sans barrières. J’aime être au plus près de mes clients, avoir un véritable dialogue avec eux, échanger. J’aime l’idée de revaloriser le métier de boucher.

volaille

En boucherie, il y a du travail tout au long de l’année, mais c’est à Pâques et lors des fêtes de fin d’année que la demande est la plus spécifique :

Il y a beaucoup de dates importantes à commencer par Pâques avec l’agneau pascal. Pour la période de Noël, on est sur des viandes plus festives, des volailles, des filets de boeuf, certains gibiers, des pièces nobles.
Il y a de vraies saisonnalités en boucherie. L’hiver, par exemple, nous serons plus sur du pot-au-feu alors qu’en été, nous proposons du carpaccio, des brochettes etc…

produits

Sans une organisation bien rodée, cette période peut être une véritable source de stress pour de nombreux professionnels des métiers de bouche. Pour y faire face, la clé du succès réside dans l’organisation. Philippe Chouquet mise aussi sur son expérience :

On a déjà un vécu par rapport à l’année dernière alors on peut faire des prévisions.
J’ai deux aspects ici : l’aspect boucherie et l’aspect restaurant. Pour la boucherie, nous sommes sur des commandes plus festives. Les gens aiment bien acheter des produits pour les travailler chez eux. Nous vendons beaucoup de foie gras entiers et de foie gras éveinés frais. Nos clients aiment bien toucher ce produit, le préparer eux-mêmes. Il y a évidement les produits plus traditionnels comme la dinde ou le chapon. Certains de nos clients préfèrent la côte de boeuf, comme un contrepied à la volaille, pour leurs repas de fêtes.
Pour l’aspect restaurant, nous sommes sur des repas festifs De nombreuses entreprises viennent organisent leur repas de Noël chez nous, pour passer un bon moment.
Nous avons des commandes un peu différentes du reste de l’année. Il faut juste bien se préparer et tout organiser en amont pour faire face à ces changements.
Nombreux sont nos clients qui ont une résidence secondaire à la montagne. Ils viennent acheter nos produits avant de partir en station pour y passer les fêtes.
Les gens viennent voir leur famille sur Lyon, et se retrouvent à 10,12 ou même 14 à table. Donc les commandes changent et se différencient de celles passées au quotidien. Nous sommes Nous sommes contents car nous avons des clients fidèles toute l’année qui pensent aussi à nous lors des périodes de fêtes.
Nous avons également des clients que nous ne voyons pas le reste de l’année, mais qui, lors des fêtes, nous font confiance pour leur belles pièces.

Foie Gras de canard mi-cuit, rôti au vinaigre balsamique

Foie Gras de canard mi-cuit, rôti au vinaigre balsamique

Comme Jean-Luc Vianey (lien), poissonnier, ou Romaric Boilley (lien), pâtissier-chocolatier, Philippe Chouquet conçoit et propose de nouveaux produits pour faire vivre les fêtes de fin d’année jusque dans l’assiette. Car si les décorations de Noël sont peu nombreuses, les produits, eux, sont revisités pour le plus grand bonheur des gourmets :

Cette année nous avons créé cinq sortes de foie gras, à la figue, au vinaigre balsamique, aux truffes, au pain d’épices, au porto.
L’année dernière nous en proposions seulement deux ou trois, mais les retours on été favorables. Nous proposons des produits traditionnels avec un côté plus festif, comme le pâté-croûte avec des truffes ou le foie gras brioché (pour remplacer le saucisson). Nous sommes restés sur ce que nous savons faire, mais nous l’adaptons à la période et à la demande. Nous essayons d’apporter notre petite touche sur des produits bien spécifiques que les gens n’ont pas habitude de voir dans d’autres boucheries.
Nous ne sommes pas trop portés sur la déco. Nous préférons miser sur des produits festifs. Nous communiquons un peu sur Facebook pour parler des fêtes et proposons des chèques cadeaux à utiliser en boucherie ou au restaurant pour consommer nos produits.

Foies gras préparés au Porto blanc, à la figue, au pain d'épice, à la truffe ou au vinaigre balsamique

Foies gras préparés au Porto blanc, à la figue, au pain d’épice, à la truffe ou au vinaigre balsamique

Merci à Philippe Chouquet
Boucherie-restaurant l’Argot
132 Rue Bugeaud 69006 Lyon