La Gastronomie Française
visite le monde.

Du 21 au 24 mars, le monde se met au diapason de la gastronomie française ! À l’occasion du festival Goût de/Good France, 5 000 chefs installés dans 150 pays vont célèbre notre héritage national. Pour sa cinquième édition, l’événement fait honneur à la Provence, région riche en saveurs uniques et en mariages harmonieux. L’initiative ne s’arrête pas là : Goût de/Good France a pour ambition d’aborder la cuisine sous un angle responsable. Une cuisine ancestrale qui ravie les gourmets d’aujourd’hui et de demain. The Goût Job profite de l’événement pour mettre en lumière une richesse culturelle incontournable en France.


La gastronomie française fascine toujours

Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010, la gastronomie française a enfin obtenu une distinction qui récompense une histoire parsemée de menus, desserts et vins. Pourquoi détient-elle une place particulière dans notre histoire ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Une tradition culturelle

Si la gastronomie française se matérialise à la fin du Moyen Âge, sa réputation dépasse les frontières à la Renaissance. Grâce à une légitimation et une valorisation des arts de la table, la France donne de véritables lettres de noblesse à ce modèle national. Jusque dans les années 1980, le modèle culinaire françaisa dominé les cuisines du monde entier. Et si la mondialisation l’a modifié, il n’en reste pas moins dans les consciences collectives.

« Notre patrimoine culinaire est unique par sa diversité. Notre patrimoine culinaire est-il le meilleur ? Ce n’est pas le propos. Ce qui est certain, c’est qu’il est unique par sa diversité, par la qualité de ses produits et les savoir-faire de ses artisans
de la terre et de la mer qui, au fil des générations, ont tissé cette toile incroyable que représente la gastronomie française. Il n’existe pas une commune en France qui n’ait sa propre spécialité —
qu’il s’agisse de chocolaterie, de pâtisserie, de charcuterie, de vin, etc. — et ça, c’est unique ! »
Guy Savoy

La gastronomie française se renouvelle aujourd’hui, enrichie par des saveurs d’ailleurs, mais ne perd pas ses trois piliers fondateurs : la convivialité, le primât du goût et la transmission. « L’art de la bonne chère » marie habilement recettes ancestrales et mets modernes.

Loin d’une image poussiéreuse, la gastronomie française profite d’une popularité sans précédent grâce à ses émissions de télévision, ses magazines, ses ouvrages, ses documentaires, ses cours animés et ses concours. Véritables créateurs de vocation, les contenus culinaires participent à la réputation de la gastronomie dans sa définition la plus vaste.

Une nouvelle génération de surdoués

La gastronomie française ne saurait être un art de vivre sans l’œuvre de ses acteurs. Les professionnels des métiers de bouche font vivre jour après jour notre modèle collectif. Si Joël Rebuchon, Paul Bocuse ou Alain Ducasse ont donné une nouvelle impulsion à cet art ancestral, la jeune génération vient prendre le relai pour créer une cuisine toujours plus gourmande.

À l’occasion de la 26èmeédition du concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France », le COET-MOF a récompensé 67 professionnels des métiers de bouche. Bouchers, chocolatiers, maitres d’hôtel ou encore fromagers se sont vus reconnaître leur travail et leur excellence fin 2018.

The Goût Job a repéré cinq pépites MOF de la gastronomie française :

 

Pascaline Lepeltier, sommelière

 

David Briand, pâtissier formateur à l’école Valrhona

 

 

Sebastien Zozaya, artisan charcutier

 

Mathieu Atzenhoffer, boulangerJulien Roucheteau, chef cuisinier

 



Si le succès en France est colossal, qu’en est-il à l’international ? Qu’on se rassure, la France s’exporte bien.

Une gastronomie française plurielle

Célébrée et partagée dans tous les pays du monde, la gastronomie française continue de faire des émules. En fiers ambassadeurs, Thierry Marx cuisine à Tokyo pendant que Daniel Boulud s’exerce entre Pékin, New-York et Londres. De son côté, Paul Pairet à Shanghaï fait partie des 5 Français à intégrer la liste des 50 meilleurs restaurants du monde.

Au-delà des têtes d’affiche, la gastronomie française vit en chaque cuisinier, qu’il façonne pour lui ou pour les autres, en France et partout sur Terre.

La richesse de la gastronomie française repose dans sa technique. Quels que soient les ingrédients, les saveurs et les mélanges, elle retrouve son essence si la préparation et la cuisson respectent les impératifs français. La « mère de toutes les cuisines » s’exporte donc facilement à l’étranger. Respectée à la lettre pour devenir totem de notre culture ou mijotée à partir d’ingrédients locaux, la cuisine française ne se travestit jamais, elle se déguise.

Et pour la célébrer, quoi de mieux qu’un festival ? Goût de/Good France propose de multiples lieux d’expression culinaires Made In Franceà travers la créativité de 5000 chefs.

Des célébrations en tout genre

De l’Afrique du Sud au Groenland, du Mexique à la Corée du Sud… Le monde entier sera tapissé des macarons Goût de France ! De grands chefs comme Virgilio Martinez (Pérou), Sveinn Kjartansson (Islande), Youssef Akiki (Liban) ou Jérôme Fernandez (Irlande) célébreront la cuisine française à travers des concours, des présentations, des dîners, des masterclass et des tours culinaires.

L’Hexagone n’est pas en reste : avec pas moins de 6 événements, les citoyens goûteront au plaisirsous toutes ses formes ! Un grand banquet provençalsera installé à Paris au sein du Village International de la Gastronomie.

L’Office du Tourisme organisera des Expériences Gourmandes, tandis que le Collège Culinaire de France proposera des Dîners Complices.

Le présent rencontre le futur avec les Duos de Collectionneursqui rassembleront jeunes chefs et mentors.

Tout le monde sera invité à déguster LeGrand Menu, une expérience de 4 à 10 plats dans les restaurants partenaires.

Un plat pour la planète

En résonnance avec la COP21 et les États Généraux de l’Alimentation, Goût de France se place dans une démarche respectueuse des ressources naturellespour proposer une cuisine qui saura traverser le temps.

L’accent sera mis sur le « mieux manger » à travers un plat qui exige moins de gras, de sucre et de sel. L’initiative va plus loin : elle soutient la Fondation « No More Plastic ». Sa créatrice Alexandra Cousteau animera le 22 mars une table ronde « Good Impact » auprès de professionnels des métiers de boucheet chefs d’entreprise.

 

Grâce à des événements comme Goût de France, la gastronomie française maintient son caractère joyeux et inclusif. Si l’on regarde le tableau dans son ensemble, elle a su traverser les époques et les frontières pour toujours proposer une expérience conviviale et gourmande. Grâce à la créativité de ceux qui la font, elle a su revêtir plusieurs formes et couleurs pour nous surprendre un peu plus chaque jour. Gage que son influence ne va se tarir de sitôt.

 

 

Axelle, candidate
aux Meilleurs Jeunes Boulangers de France

Axelle Diaz se prépare au concours des Meilleurs Jeunes Boulangers de France. Et la jeune fille est bien entourée ! À ses côtés, Cyrille médaille de bronze à la Coupe du Monde de la Boulangerie et Amandine Ferrand, médaille de bronze viennoiserie à la Coupe de France 2017. Au fil des séances, les deux lauréats lui enseignent le geste parfait et lui délivrent les précieux conseils de ceux qui ont déjà vécu l’ambiance exaltée des concours.

Découvrez l’interview de Cyrille sur la Coupe du Monde de Boulangerie

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours, vos expériences professionnelles ?

Axelle : Bonjour, je m’appelle Axelle Diaz. J’ai un CAP pâtissierie, un CAP boulangerie et cette année je suis en mention chocolat. Je prépare le concours des meilleurs jeunes boulangers de France, qui a vocation à valoriser la boulangerie artisanale et à aider les jeunes à se lancer dans le métier.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce concours ?

Axelle : Nos professeurs nous en avaient parlé. J’ai tout de suite été intéressée et me suis dit pourquoi ne pas tenter moi aussi. Tout a commencé avec la première phase, les départementales. Je me suis qualifiée et ai enchaîné avec les régionales, où j’ai également été retenue. J’ai beaucoup aimé ces expériences et attends avec impatience la finale nationale.

Que vous apportera ce concours ?

Axelle : Participer à un tel concours me permet de gagner en expérience, de connaître de nouveaux gestes et de nouvelles techniques que je n’aurais pas eu l’occasion d’apprendre en formation.

Comment se déroulera le concours ? Quelles sont les principales étapes ?

Axelle : Sur la première journée, il y a 1h30 de préparation des pâtes à pain et le lendemain nous avons 7 heures pour travailler du pain blanc et deux autres pains, de la viennoiserie, de la brioche, du snacking et une pièce artistique.

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Comment le préparez-vous ? Comment Cyrille vous aide-t-il ?

Axelle : Chaque semaine, Cyrille me prépare un nouveau planning. Je m’entraîne sur les viennoiseries, les pains… jusqu’à ce que ce soit parfait ou presque ! Lorsque je ne peux pas me déplacer pour travailler à ses côtés, je lui envoie des photos de mes réalisations et il me fait part de ses retours. Quand nous travaillons ensemble, je refais ses gestes encore et encore. J’ai tellement appris à ses côtés !

Cyrille, comment l’accompagnez-vous au quotidien ?

Cyrille : Axelle a un programme à réaliser et doit m’envoyer un compte rendu chaque soir, apporter des solutions lorsqu’elle a raté pour comprendre ce qui n’allait pas.

Avez-vous des appréhensions ? Comment gérez-vous votre stress ?

Axelle : Toujours, c’est normal (rires). Nous avons reçu les résultats des régionales il y a moins de deux semaines, alors je ne réalise pas complètement… Lors des premières phases, je n’ai pas vraiment stressé. Je me suis concentrée sur ce que j’avais à réaliser et tout s’est bien passé.

Cyrille, que lui apportera ce concours d’un point de vue professionnel ?

Cyrille : Ce concours va lui permettre de gagner en rigueur, mais aussi et surtout en technique. Ces concours sont également l’occasion de faire de belles rencontres, avec des professionnels de son milieu. Elle aura l’occasion d’échanger avec eux, mais aussi de travailler son réseau personnel.

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Cyrille, quel est votre conseil pour qu’elle remporte le concours ?

Cyrille : De se faire plaisir ! Lors de ce concours, il n’y a pas forcément qu’un seul gagnant, il peut y avoir 20 candidats meilleurs jeunes boulangers. Son seul adversaire, c’est elle-même.

Quel conseil donneriez-vous à un apprenti qui souhaiterait participer aux prochaines éditions ?

Axelle : Je lui dirais de ne participer que s’il est véritablement motivé et prêt à s’investir à 100% ! Il aura à s’entraîner encore et encore, à travailler sa technique sans relâche.

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Comment voyez-vous votre avenir professionnel ?

Axelle : J’aimerais obtenir encore un autre diplôme en pâtisserie, un BTM. Je souhaite simplement continuer à faire ce que j’aime.

Merci à Axelle, toute la communauté The Goût Job lui souhaite bonne chance !

Rencontre avec Cyrille Martin, participant à
la Coupe du Monde
de la Boulangerie

Les concours, leur ambiance exaltée, le stress du résultat, la stupeur à l’annonce de la victoire… Nous avons rencontré Cyrille Martin, professeur en boulangerie au lycée hôtelier à Dardilly et participant à la Coupe du Monde de la Boulangerie. Avec lui, nous sommes revenus sur le concours en lui-même, mais aussi la préparation en amont et ce que l’on en retire une fois le concours terminé.

Retour sur l’expérience de Cyrille Martin à la Coupe du monde de la boulangerie

Bonjour Cyrille, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours, vos expériences professionnelles ?

J’ai commencé ma vie professionnelle à 14 ans, au lycée hôtelier à Dardilly. Une fois diplômé, j’ai été ouvrier dans une boulangerie. J’ai fait l’armée, puis quand je suis revenu, je me suis fait embaucher en grande distribution et y suis resté 10 ans. Là-bas, j’ai appris le management, les relations avec les fournisseurs, le recrutement… Je suis retourné à l’artisanat pendant 2 ou 3 ans et aujourd’hui, ça fait 14 ans que je suis enseignant à Dardilly.

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Comment définiriez-vous la coupe du monde de la boulangerie quelques mots ?

Ça fait 14 ans que j’enseigne, donc ça fait 14 ans que je m’entraîne pour les concours ! Il ne faut pas entrer dans le travers de la simplicité en se disant que, quand on enseigne en CAP, on ne fait que des croissants ou que de la baguette.
Pendant 10 ans, j’ai travaillé le week-end dans une boulangerie pour garder contact avec le milieu professionnel. j’ai décidé de participer à des concours pour garder un lien avec la créativité, les dernières tendances, les défis.
La première fois que j’ai participé à la Coupe de France de la Boulangerie, c’était en tant que jury.
Il y une réelle différence dans la façon d’appréhender le concours en tant que jury ou participant. Il n’y a pas d’entrainement pour être jury. Il suffit de faire preuve de curiosité, d’ouverture d’esprit, aller rechercher l’innovation technique et gustative. En tant que compétiteur, il y a énormément de travail à fournir. C’est pourquoi j’ai ensuite décider d’y participer pour les 4 éditions suivantes. J’étais accompagné de mes anciens élèves.
Après ces 4 Coupes de France, j’ai eu le sentiment d’en avoir fait le tour et me suis dit qu’il fallait viser plus haut.
Je me suis alors inscrit pour être en équipe de France. Il y avait une première sélection entre le sud et le nord de la France. J’ai fait partie de la sélection sud-France. Il y a eu une première manche à Aurillac, où j’ai terminé premier de la catégorie pain. Puis il y a eu Paris, nous étions 2 dans chaque catégorie,et pour ma part, j’étais en catégorie pain.
Il y eut ensuite la Coupe Louis Lesaffre, qui fait office de sélection au niveau européen et permet de se qualifier pour la Coupe du Monde. Nous avons terminé deuxième à cette épreuve. Nous avons mis un pied sur le podium lors de la Coupe du Monde de la Boulangerie, nous avons terminé 3ème.

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Quelles sont les valeurs inhérentes cette coupe ?

Participer à la Coupe du Monde de la Boulangerie offre une véritable reconnaissance de la part de ses pairs.
Ce concours nous permet de transmettre un savoir-faire et un message à travers les épreuves.

Quelles sont les qualités indispensables pour remporter la coupe ?

Il faut s’entraîner, ne pas compter ses heures, faire preuve d’ouverture d’esprit et avoir un esprit d’analyse. Chaque geste compte. Sur l‘épreuve des 2 heures, nous avons terminé 30 secondes avant la fin du temps imparti et 40 secondes pour la seconde épreuve. Chaque minute compte.

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Comment se déroule le concours ? Comment se prépare-t-il ?

Nous sommes par équipe de 3, il y a une personne en viennoiserie, une en pièce artistique et une en pain. Nous sommes noté tant sur la technique que sur l’esprit d’équipe et l’entraide.
Nous avons en tout 10h d’épreuve : pains de nos création, pains qui représentent notre pays, pains sans connaître les ingrédients, des pains du monde à tirer au sort.
J’ai été accompagné de deux consultants pour préparer le concours, sur toute la recherche des matières premières, la mise en place des recettes. Pendant deux ans, je me suis entraîné tous les jours. J’avais également des entrainements mensuels avec l’équipe durant lesquels nous nous retrouvions durant 3 jours. Nous nous sommes retrouvés 14 fois pour répéter les gestes, nous familiariser avec les machines, connaître le programme de nos coéquipiers, savoir quand ils auront besoin d’un coup de main pour être là.
Le Jour-J, c’est une répétition de nos entraînements. Nous montrons ce que nous avons appris durant toutes ces heures passées à travailler la technique. Nous retranscrivons ce que nous avons acquis tout au long de notre parcours.

Qu’apporte le concours à titre professionnel ?

J’ai acquis des connaissances sur la boulangerie française et étrangère. J’ai aussi été sollicité pour partager mon savoir-faire à l’étranger lors de démonstrations.
Ce concours m’a permis de véhiculer une belle image auprès de mes élèves, de leur montrer ce qu’ont peut faire, ça les fait rêver et on a besoin de ça aussi dans la vie. Ils sont venus me voir à Paris, d’autres souhaitent participer leur tour. J’ai pu leur montrer ce qu’on pouvait atteindre en faisant preuve d’excellence et d’exigence. Ils ont vu que la passion permettait d’obtenir des résultats et de s’éclater.

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Quel conseil donneriez-vous à un professionnel qui souhaiterait participer à la Coupe du Monde de boulangerie ?

D’arrêter tout de suite parce qu’il est fou (rires)! Non ce n’est pas vrai. Je lui dirais qu’il faut être solide et bien entouré. Mon épouse est professeur en boulangerie et participe également à des concours. Elle connaît la fréquence des entraînements, l’exigence que nécessitent les concours. J’ai passé énormément de temps en dehors de la maison. Lors de la finale, on a demandé à mes enfants qu’est-ce qu’ils voulaient pour leur père ils ont répondu « qu’il soit plus présent à la maison ».
Ce concours implique beaucoup de sacrifices. L’entourage doit accepter et être soudé. On ne vit plus que pour le concours. On boit, on mange, on dort, on respire concours les mois le précédant. On ne passe pas une minute sans y penser.
Il faut également bien s’alimenter, faire du sport pour s’oxygéner. Il faut être conscient de l’engagement. Il faut apprendre à respecter le choix de ses coéquipiers. Il faut être sûr de ce que l’on veut, sûr de vouloir s’investir, sinon ça ne vaut pas le coup.
Mais c’est quelque chose à faire, une expérience inoubliable…

Merci à Cyrille Martin, enseignant au Lycée hôtelier de Dardilly
Toutes les photos sont publiées avec l’aimable autorisation de Cyrille Martin

Les Meilleurs Ouvriers de France, trois couleurs pour l’excellence

Ils ont le col bleu blanc rouge et leur nom sonne comme un synonyme de prestige. Nombreux sont les professionnels des métiers de bouche à se lancer dans l’aventure l’un des Meilleurs Ouvriers de France. Vous aussi, vous êtes tenté(e) par ce prestigieux défi ? Alors cet article est fait pour vous !

Vous visez l’excellence ? Devenez l’un des Meilleurs Ouvriers de France !

 

Plus qu’un concours, le titre « Un des Meilleurs Ouvriers de France » est un diplôme délivré par le Ministère de l’Éducation Nationale. Créé pour répondre à la crise de l’apprentissage en 1924, ce concours s’adresse aujourd’hui aux professionnels de plus de 23 ans, seuls ou en équipe, souhaitant remporter le prestigieux titre pour porter le col bleu blanc rouge. D’ailleurs, saviez-vous que l’idée du col tricolore sort tout droit de la tête de Paul Bocuse ? Le grand Monsieur Paul dira d’ailleurs :

“Pour les gens comme nous qui n’avaient pas fait beaucoup d’école, cette quête d’excellence qui récompensait un dur labeur représentait quelque chose de très important. mon sacre de Meilleur Ouvrier de France ? Il reste mon plus beau titre professionnel.”

Les candidats viennent de tous horizons et si vous hésitez à participer, sachez que le niveau de diplôme, les parcours de formation et les années d’expérience varient amplement. Parfois, il suffit d’un petit coup de pouce de la part de ses pairs pour oser franchir le cap. Ce fut le cas de Christian Bourillot, cuisinier MOF 1968 :

“Un beau jour, je reçois chez moi une convocation pour la demi-finale du concours des Meilleurs Ouvriers de France. Je ne comprends pas ! Je n’ai jamais rien envoyé ! J’appelle mon ami Nandron qui me lance “Tu perds la tête, tu ne sais plus ce que tu fais !” Tu parles ! C’est Paul Bocuse qui m’avait inscrit en imitant ma signature ! Les trois lascars (Monsieur Paul, Gérard Nandron et Paul Lacombe) avaient fait ça dans mon dos. Un culot monstre dont je leur suis éternellement reconnaissant.”

Christian Bourillot, Roger Roucou, Paul-Bocuse et Paul Louis Meissonnier Source : Bibliothèque municipale de Lyon

Christian Bourillot, Roger Roucou, Paul-Bocuse et Paul Louis Meissonnier Source : Bibliothèque municipale de Lyon

Vous souhaitez vous situer par rapport aux candidats et vainqueurs des années précédentes ? Découvrez toutes les statistiques publiées par le COET-MOF.

Concernant les métiers de bouche, les catégories sont nombreuses et reflètent le paysage gastronomique français tel que nous le connaissons :

    • Cuisine – Gastronomie
    • Maître d’hôtel, du service et des arts de la table
    • Sommelier
    • Barman
    • Pâtisserie – Confiserie
    • Boucherie – Étal
    • Charcuterie – Traiteur
    • Boulangerie
    • Glaces – Sorbets – Crèmes glacées
    • Chocolaterie – Confiserie
    • Fromagerie
    • Poissonnier – Ecailler

Mais au fait, comment ça se passe une fois inscrit ? Les caméras de France 2 ont suivi Patrick Mouezant et Julien Roucheteau, candidats au titre de l’un des Meilleurs Ouvriers de rance Cuisine.

 

 

 

    Attention, tout ne se termine pas une fois le titre en main ! Les Meilleurs Ouvriers de France ont un devoir de transmission. Gabriel Paillasson, MOF pâtissier en 1972 et glacier en 1976 l’exprime à merveille :

“Ma philosophie ? Ouverture, formation, transmission. D’ailleurs, les jeunes ne vont pas assez voir les vieux : je leur dirais combien il faut vivre avec le produit et leur rappellerais qu’il faut laisser du temps au temps.”

Gabriel Paillasson Crédit photo : Thierry Vallier

Gabriel Paillasson Crédit photo : Thierry Vallier

Les lauréats restent très impliqués dans la vie des Meilleurs Ouvriers de France. Selon le comité, les missions des Meilleurs Ouvriers de France s’articulent autour de trois grands axes : Partager le savoir-faire des Meilleurs Ouvriers de France au grand public et mieux faire connaître le titre MOF dans sa diversité en organisant des événements et en communicant, notamment avec nos partenaires. Rassembler les Meilleurs Ouvriers de France Créer des espaces d’échanges, des événements de convivialité, former un réseau de lauréats bâti sur nos délégations régionales et départementales. Transmettre le goût pour l’excellence professionnelle aux plus jeunes générations, accompagner la relève, en organisant chaque année le Concours Un des Meilleurs Apprentis de France Christian Têtedoie, désigné MOF cuisine en 1997, applique lui aussi ces préceptes :

“Ce concours insuffle une dynamique extraordinaire pour notre profession. Il nous pousse vers le haut. Vers toujours plus de perfection. J’encourage donc le plus possible mes collaborateurs à se présenter. Moi-même je reste très présent à chaque édition.”

 

Christian Janier, fromager-affineur MOF 2000, a accepté la présidence des Meilleurs ouvriers de France du Rhône pour perpétuer ces valeurs :
“Une fonction passionnante qui vise à promouvoir l’excellence à la française, mais aussi à maintenir des savoir-faire uniques, former des jeunes et promouvoir l’artisanat comme facteur de lien social et vecteur -encore- d’ascension sociale.”

Christian Janier

Christian Janier

Alors, convaincu(e) ? Si l’aventure vous tente, suivez de près les prochaines inscriptions au concours des Meilleurs Ouvriers de France dans votre catégorie ! En attendant, pour vous faire patienter, découvrez tout au long de ce dossier thématique des portraits de professionnels des métiers de bouche au col tricolore.


Sources : Absolu, rechercher l’excellence jusqu’à la dépasser / Spirit communication
COET-MOF

Métiers de bouche : pourquoi cet engouement pour les concours ?

Les concours jalonnent le quotidien des métiers de bouche. Tous les secteurs ont les leurs, de la fromagerie à la pâtisserie, en passant pas la restauration, la boulangerie, la poissonnerie, la boucherie ou même le service en salle. Pourquoi participer à ce genre de concours ? Quel sont les avantages et les inconvénients ? C’est ce que nous découvrirons tout au long de cet article qui lance un dossier thématique consacré à quelques-uns des concours le plus prestigieux.

Concours, un sésame pour votre carrière

Comme le dit le célèbre adage, l’important n’est pas de gagner mais de participer. Et les métiers de bouche ne dérogent pas à la règle. Si beaucoup de concours demandent des mois, voire des années d’entrainement, la récompense sera prestigieuse. En effet, participer à un concours peut ouvrir de nombreuses portes et belles opportunités de carrière.
Les concours permettent aux participants de valoriser leur savoir faire auprès de professionnels et d’acteurs des métiers de bouche reconnus.
Ils peuvent s’adresser aux débutants, pour lancer leur carrière, comme aux professionnels confirmés, pour asseoir leur notoriété dans le milieu.


Nombreux sont ceux qui auront la possibilité de développer leur réseau, seront chassés par des recruteurs et verront leurs recherches emploi amplement facilitées.
Un titre prestigieux permettra aux professionnels les plus entrepreneurs de se faire une place dans les cabinets de conseils pour venir en aide aux hôtels, restaurants, palaces, grandes enseignes ou groupes alimentaires.
Aujourd’hui, en plus des concours historiques comme les Meilleurs Ouvriers de France ou les Bocuse d’Or, d’autres petits nouveaux font leur apparition.

Congrats to all team for this incredible 30th Bocuse d'Or contest ! #bocusedor #bocusedor30

Une publication partagée par Bocuse d'Or (@bocusedor) le


C’est par exemple le cas de San Pellegrino Young Chef, un concours exclusivement destiné aux chefs âgés de moins de 30 ans.

Last check in…💪🏼🇷🇸 #sanpellegrinoyoungchef2016 #cookingshowtime

Une publication partagée par Igor Belosevic (@belosevicigor) le

Plus qu’un prix, un défi personnel à relever

Si les concours peuvent ouvrir les voies du prestige, ils restent avant tout, pour celles et ceux qui s’y lancent, un merveilleux challenge à relever.
Ce sont les heures passées en tête-à-tête avec soi-même, à voir et revoir la technique, à replonger dans les manuels, à potasser encore et encore qui leur permettront de décrocher le Saint-Graal.

Congratulations to all candidates of the @cmpatisserie 15th edition ! #sirha #CMPatisserie #France #Lyon #pastry

Une publication partagée par Sirha (@sirha_lyon) le


Durant la préparation, comme durant le concours, le candidat à l’occasion d’affirmer sa personnalité, de montrer son goût pour la perfection. Ce dépassement de soi ne sert pas seulement à faire fructifier sa carrière, mais permet également de se tester au delà de ses limites.

Durant deux mois, nous dévoilerons les coulisses des concours dans les métiers de bouche. Restez avec nous, abonnez-vous à nos médias sociaux pour découvrir des interviews de participants à de prestigieux concours, d’organisateurs ou de formateurs. À très vite !

Fiche métier
Devenez boulanger/boulangère

La boulangerie est le commerce de proximité préféré des français. Reconnue à l’international, notre célèbre baguette a souvent été imitée, mais jamais égalée. 6 milliards en sont vendues chaque année en France. Mais qui est derrière ce chef d’oeuvre de la gastronomie française ? Nos bien-aimés boulangers bien-sûr ! Un beau métier qui peut en inspirer plus d’un au moment de l’orientation… Et vous, si vous deveniez boulanger / boulangère ?

Boulanger, un métier qui ne cesse de se réinventer

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Christophe Girardet, boulanger du blé au pain

Christophe Girardet est un boulanger passionné et l’une de nos plus belles rencontres ! À ses yeux, rien n’est plus important que d’imaginer et de produire de bons produits. Nous avons échangé sur sa vision du métier, de la boulangerie, sur son parcours, ses fiertés…
Pouvez-vous vous présenter ? Nous raconter votre parcours, vos expériences en tant que boulanger et propriétaire de boulangeries ?

J’ai commencé en étant apprenti chez Gabriel Paillasson, un grand nom de la pâtisserie à l’origine de la Coupe du Monde de la Pâtisserie. Il est très respecté et a beaucoup œuvré pour le milieu de la pâtisserie. À ses côtés, j’ai pu apprendre les valeurs, la rigueur…
Une fois mon apprentissage terminé, j’ai été salarié dans bon nombre de pâtisseries, dont des Meilleurs Ouvriers de France. J’ai beaucoup appris à leurs côtés également. J’ai ensuite travaillé dans une boulangerie-pâtisserie en tant que chef pâtissier. C’est là que je me suis intéressé à la boulangerie. J’y ai appris à faire le pain, les pétrins… J’ai tout de suite beaucoup aimé.
Puis j’ai décidé de m’installer avec mon épouse, Nathalie, qui arrivait de l’industrie pharmaceutique. Tout s’est fait naturellement. Nathalie a des compétences qui ne sont les miennes et vice-versa. Assez rapidement, nous avons su faire nos métiers respectifs. Nous avons toujours bien fonctionné ensemble.
Nous avons ouvert notre première boulangerie à Saint-Genis-les-Ollières, dans l’ouest lyonnais. Nathalie gérait les achats et la vente, et moi la production de la boulangerie et de la pâtisserie. Nous y sommes restés 5 ans, le temps de nous développer, d’augmenter nos chiffre d’affaires, d’employer 4 ou 5 salariés. Nous avons ensuite décidé de vendre cette boulangerie. Nous avons eu notre fille, Déborah, assez tard et je passais beaucoup de temps dans mon laboratoire. Son école était à côté, et pourtant je ne l’avais jamais trop emmenée à l’école, je n’avais jamais participé aux fêtes de l’école. Je travaillais tellement que j’en étais devenu « déclassé socialement » si je puis dire. Je travaillais à contre-courant. À l’approche de la quarantaine, j’avais peu d’amis (mais de très bons !) et je profitais peu de ma fille. Alors nous avons décidé de vendre cette boulangerie pour créer un concept que nous avons appelé Victor le Boulanger, avec une première ouverture à Rilleux-la-Pape. C’était une boulangerie dans l’ère du temps, avec une offre snacking, des pâtisseries nomades, du pain cuit tout au long de la journée… Nous avons gardé ce concept 5 ou 6 ans. Je ne travaillais pas le week-ends donc j’ai pu profiter de ma fille, assister à ses compétitions d’équitation, l’emmener à l’école…
Nous avons revendu cette boulangerie pour créer la marque Victor et Compagnie. Nous nous sommes installés à Craponne, puis nous nous sommes développés sur l’Arbresle et avons ouvert une boulangerie à la Croix-Rousse. Nous sommes donc à la tête de trois boulangeries !

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Selon vous, qu’est-ce qui vous différencie des autres boulangeries ?

Mes parents travaillaient beaucoup en été et nous, nous passions nos vacances dans une ferme. Ils avaient gardé de bons liens avec des agriculteurs dans la Saône-et-Loire, et de mes 3 ans à mes 14 ans, j’ai passé tous mes étés à la ferme. J’ai appris à traire les chèvres, faire du fromage, plumer des poulets… J’ai toujours été très sensible au travail et aux valeurs de ces gens. Ça m’a beaucoup marqué et ça se ressent encore aujourd’hui dans mon travail.
Ce qui nous différencie des autres boulangeries, c’est que nous travaillons avec des produits locaux car nous souhaitons valoriser le travail de ces gens qui aiment la terre, qui travaillent la terre, qui proposent des produits sains et qui nous nourrissent bien. Car la nourriture est certes un plaisir, mais c’est aussi une source d’énergie pour bien travailler. Je suis extrêmement sensible à ces bons produits.
Au-delà du fait que nos salades, nos jus de fruits, nos tomates, notre lait sont sourcés localement chez de petits producteurs, nous avons créé une filière blé-farine-pain qui s’appelle les Robin des Champs. Je me suis associé avec six paysans qui cultivent du blé dans l’est lyonnais. Nous avons un meunier partenaire qui vient écraser ce blé pour faire notre farine. Cette filière est unique en son genre au niveau français, c’est la démarche d’un boulanger et de paysans. Nous faisons tout nous-même, nous pouvons tout maitriser. Nous faisons notre propre farine de tradition française. C’est une belle opportunité à l’ère du local, du transparent, et du responsable.
Cela implique que derrière, il faut un boulanger avec de vraies compétences. Moi j’ai besoin de vrais boulangers derrière un pétrin car ma farine est vivante. On met du sel, de la levure, de l’eau et de la farine dans nos pains. Ce sont les seuls ingrédients, il faut donc avoir un don dans la boulangerie pour exercer ces métiers.


Qu’attendez-vous de vos équipes ?

Qu’il exercent leur métier avec passion ! Ce que nous leur inculquons, c’est qu’ils doivent prendre du plaisir à travailler. Lorsque nous avons des salariés gais et passionnés, ils sortent de beaux produits et le retour clients est très satisfaisant.

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Comment faites-vous évoluer votre offre pour coller aux désirs de vos clients ?

Je suis très curieux, je suis beaucoup sur les réseaux, abonné à des magazines professionnels, je suis membre de nombreuses associations…
De là, je vais tenter de capter les nouvelles tendances, puis avec mes équipes, lors des réunions de production, nous décidons des orientations à prendre. Par exemple, pour l’été nous travaillons sur des produits plus frais, plus légers comme la tomate par exemple. L’hiver, nous faisons évoluer notre gamme sur de la châtaigne, du maïs, de la figue… Ainsi, notre clientèle découvre toujours de nouveaux produits. Et nos équipes ne conçoivent pas les mêmes choses tout au long de l’année et en ressentent pas de lassitude.
Mes salariés arrivent de différents cursus, ont vu différentes entreprises, conçus différents produits. Ils s’inspirent de leurs acquis pour créer, améliorer ou revisiter des produits de boulangerie.

Comment voyez-vous votre avenir ?

Plutôt sereinement. Le métier de la boulangerie est un métier en plein renouveau. Ce métier est de plus en plus hybride. Nous vendons du pain et de la pâtisserie. Ça fait partie de notre métier. Mais nous avons également une offre petit-déjeuner, une offre déjeuner pour offrir un repas rapide, pratique et de qualité, une offre goûter et une offre dîner. Nos clients peuvent venir acheter du pain mais trouveront toute une offre destinée à la restauration. Notre métier est en perpétuelle évolution, il y a plein de nouvelles tendances. Je suis toujours aussi fier de faire ce métier car il y a un bel avenir.

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Quelles sont les qualités et compétences pour devenir boulanger ?

Il faut être rigoureux, aimer ce métier !

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ?

Je ne me regarde pas trop le nombril… Mais en ce moment, je suis un jeune que j’ai formé et que j’aime beaucoup. Il est aujourd’hui dans un bel établissement étoilé dans le sud de la France. Il est en train de créer de nouvelles choses. Il s’épanouit dans son métier et je me dis que ce jeune est passé chez nous, et que c’est nous qui lui avons donné le goût du métier, le goût de l’excellence. Nous avons laissé une trace indélébile dans son cursus et ces 2-3 années passées ensemble lui auront servi pour s’épanouir dans son métier.
Mes fiertés passent par la réalisation des autres. Il y a quelques années, j’avais reçu une fille. Ses parents l’avaient orientée vers la médecine car elle était bonne à l’école. Elle avait horreur de ça et souhaitait faire de la pâtisserie. Elle a terminé ses études puis s’est lancée dans la pâtisserie, jusqu’à atteindre un niveau assez élevé. Elle adorait son métier et a fait de belles choses chez nous. Elle a ensuite ouvert sa propre pâtisserie.
Ces gens sont passés chez nous, et nous avons su les encourager.

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Quelle est l’importance de la transmission dans votre métier ?

C’est très important. L’apprentissage, c’est transmettre son savoir et le faire avec bonheur et plaisir. Ce que j’ai appris, j’ai envie de le transmettre à des jeunes (et des moins jeunes d’ailleurs !). Qu’ils puissent s’inspirer de ce qu’on fait pour le retranscrire à leur manière.
Si nous ne formons pas les générations suivantes, le métier n’a plus d’avenir !

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Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait devenir boulanger ?

Il faut persévérer. C’est un métier qui peut paraître compliqué vu de l’extérieur. Il faut être passionné. C’est un métier d’avenir, il y a vraiment de quoi faire dans ce métier ! J’ai un simple CAP mais j’ai mon entreprise, 25 salariés, un chiffre d’affaires conséquent. Ça ne se fait pas tout seul, mais en travaillant on peut y arriver.

Retrouvez les bons pains de Christophe Girardet dans les boulangeries Victor et compagnie

Craponne
75, rue Joseph Moulin

L’Arbresle
Rue Claude Terrasse
ZA Les Martinets

Boulangers, quand se lancer dans l’entreprenariat ?

Boulanger(e) depuis quelques années, vous rêvez de devenir votre propre patron ? L’entreprenariat fait rêver, mais attention, ce n’est pas chose aisée ! Se mettre dans la peau d’un chef d’entreprise nécessite une préparation longue, minutieuse et rigoureuse. Nous vous dévoilons ici les premiers conseils pour que tout se passe pour le mieux.


Se lancer dans l’entreprenariat sans brûler les étapes


On ne nait pas patron, on le devient ! Et les étapes sont nombreuses. Avant tout, il faudra tout d’abord faire vos armes en tant que salarié(e). Car être propriétaire et gérant de sa propre boulangerie, ne signifie pas seulement faire du bon pain ! Il faut également être à même de gérer les aspects administratif, marketing, logistique, managériaux… un bon patron doit être sur tous les fronts. Formez-vous auprès d’un bon boulanger, au sein d’une entreprise vous permettant de belles évolutions professionnelles.

Une fois ces compétences acquises, il vous faudra réfléchir à votre implantation, votre positionnement, votre statut juridique, mais aussi et surtout, à votre équipe fondatrice. Car si vous devez savoir tout faire, vous ne pouvez pas tout faire ! En amont, recrutez au moins un ou vendeur/euse qui sera en charge de la caisse et de l’accueil pendant que vous serez en labo. Votre budget vous semble trop juste pour embaucher plusieurs salariés ? Tournez-vous vers les apprentis. Comme vous fut un temps, il souhaitent apprendre aux côtés de professionnels !


Si vous comptez recruter moins de 10 salariés, vous serez tenu(e) d’effectuer un stage de préparation à l’installation, grâce auquel vous bénéficierez d’une formation pour comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Pour plus d’informations sur ce stage, rapprochez-vous de votre Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat.

Mais pour une création d‘entreprise efficace, le mieux est encore de s’entourer de conseillers spécialisés.

Rencontre avec Raoul Drap, boulanger amoureux
de son métier

Raoul Drap est une étoile montante de la boulangerie. Après avoir bourlingué dans des boulangeries aux quatre coins du monde, il a posé ses valises à Lyon. Âgé d’à peine 32 ans, il compte déjà à son actif trois boulangeries et des projets plein la tête. Ce qui l’a poussé à déplacer des montagnes ? L’amour et la passion du métier !

Pouvez-vous vous présenter ? Nous raconter votre parcours, vos expériences en tant que boulanger ?

J’ai commencé la boulangerie à 12 ans, car le père de l’apprenti de la boulangerie du village s’était suicidé. Mon père m’a donc envoyé travailler là-bas.
J’ai immédiatement aimé le monde de la boulangerie. J’ai arrêté les cours en 5ème, et dès la 4ème, je suis allé en Maison Familiale Rurale où je faisais deux semaines de cours, deux semaines de stage.
À 15 ans, je suis allé à l’IMT de Grenoble pour faire mon apprentissage en boulangerie. J’ai obtenu mon diplôme à 17 ans. 
L’année d’après je suis entré au CFA de Bourgoin pour tenter un CAP pâtisserie. Je ne l’ai pas eu car j’avais trop d’absences en cours.
J’ai arrêté la boulangerie pendant deux ans pour me consacrer au rugby, puis j’ai vadrouillé un peu, j’ai une première expérience à Grenoble chez Maison Floran, la boulangerie de Stéphane Grattier.
Je suis ensuite parti travailler à Paris où j’ai fait quelques maisons, des bonnes comme des mauvaises. Je suis revenu à Grenoble en 2009 chez Stéphane Grattier. J’ai mis le feu à la à la cheminée du four à bois de la boulangerie. Nous nous sommes mis d’accord et j’ai démissionné. Je suis alors parti en Chine pour l’Exposition Universelle. J’y suis resté six mois puis j’ai démissionné car ça ne me convenait plus.
J’ai été en Corse pour y faire une saison, je suis allé travaillé à Londres et en 2011 je suis revenu sur Paris, Place Victor Hugo dans le XVI° puis à Boulogne-Billancourt. J’ai démissionné pour venir m’installer à Lyon. En 2012, j’ai estimé que j’avais fait mes preuves, que j’avais suffisamment appris chez d’autres et que c’était le moment de me lancer. J’ai ouvert ma première boulangerie, rue Duguesclin.

Selon vous, qu’est-ce qui vous différencie des autres boulangeries ?

Nous travaillons avec un four à bois, ce qui permet une meilleure conservation du pain. La croute est plus croustillante. Nous travaillons à l’ancienne : fermentation lente avec 4 grammes de levure au maximum dans nos pains. Nous essayons de préserver l’âme de la boulangerie !

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Comment faites-vous évoluer votre offre pour coller aux désirs de vos clients ?

Ce qui a pris une grosse part de marché, c’est le traiteur. Nous avons des recettes à nous et nous nous inspirons de ce que nous voyons sur internet, dans les magazines… Nous essayons de changer assez régulièrement.
Nous proposons des produits par forcément différents de ce qui se fait ailleurs, mais toujours avec de bons produits : un bon rosbif, un bon pain français, un bon jambon serrano, du parmesan reggiano. Avec de bons produits on fait de bonnes choses, il n’y a pas de mystère !
Il faut seulement savoir s’y retrouver dans son prix de revient. Il faut faire du bon, mais il faut que ce soit rentable derrière sinon il n’y a pas d’intérêt.

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Des sandwichs conçus avec du bon pain et de bons produits

Comment voyez-vous votre avenir ?

Super ! Nous avons plein de pistes, plein de nouveaux projets : deux nouvelles ouvertures programmées d’ici la fin de l’année, une dans le 6ème arrondissement et une en périphérie lyonnaise. Nous visons ensuite la franchise et nous aimerions nous installer à l’étranger.

Comment voyez-vous l’avenir de la boulangerie ?

L’avenir de la boulangerie est florissant. De nombreux investisseurs s’y intéressent car ça peut rapporter. Alors, ça rapporte si on fait ça avec passion, avec amour. On ne peut pas faire ça juste pour l’argent.

Comment vous renouvellez-vous ?

Il faut être bien entouré, mettre de bons responsables dans chaque boutique et les intéresser à l’aspect business. L’important, c’est de s’entourer de personnes capables de comprendre que « plus on travail, plus on gagne, et plus on gagne, plus on travaille. ».
Il faut surtout trouver du bon personnel. Plus grand monde ne sait façonner à la main et faire du bon pain. Mais bon, on trouve encore si on cherche bien !
Il faut transmettre son savoir, c’est la base. Cette année, nous avons deux apprentis et en septembre nous en aurons quatre autres : un CAP, un BP et deux brevets de maitrise. Comme il ne connaissent pas grand chose encore, on les modèle comme on veut. Le but c’est de les faire progresser dans l’entreprise pour les garder. Mais à pas à vie. l’idéal, c’est de les garder 3-4 ans maximum. Après c’est intéressant qu’ils aillent voir ailleurs comment ça se passe. J’ai des gars qui sont en apprentissage et on s’est mis d’accord : ils vont partir à l’étranger ou dans d’autres entreprises. Toutes les entreprises ne sont pas comme la nôtre. Moi, c’est ce que j’ai fait. J’ai du faire une vingtaine de maisons différentes. On tombe sur du bon ou du mauvais. Le bon on le garde dans ses bagages et le mauvais on le laisse de côté, puis on arrive à tracer sa route tout seul.

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Quelles sont les qualités et compétences pour devenir boulanger ?

J’avais un maître d’apprentissage qui me disait que les trois qualités pour faire un bon boulanger c’était d’être grand, fort et bête. J’étais grand, j’étais fort et il paraît que j’étais un peu bête alors… Non en vrai, il faut être un passionné du métier, faire les choses avec amour. Comme un restaurateur, comme un peintre, comme un carrossier. On ne peut pas faire ça juste pour de l’argent. Ça ne marchera qu’un temps. Moi je me lève à 3 heures du matin depuis que j’ai 13 ans, j’en ai aujourd’hui 32. Et j’aime me lever tous les jours, je travaille 7j/7, pas de repos parce qu’on était un peu dans le rouge en terme de trésorerie, mais ça ne me gêne pas. J’apprécie ce que je fais. C’est avant tout une passion.

Quelle est votre plus grande fierté professionnelle ?

Je n’ai pas de fierté professionnelle… Tout ce que je veux, c’est réussir, prendre plaisir à travailler et faire en sorte que mes clients soient contents.
Je ne suis jamais fier de ce que je fais car j’estime que je fais ce que j’aime. Pour moi, la vie est un jeu, je m’éclate, les clients sont contents. Le jour où on est fier, on a fini en principe. On a atteint son but.
J’aimerais me dire un jour « j’ai réussi à placer mes boulangeries sur les cinq continents », m’acheter mon bateau, et tout quitter !

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Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait devenir boulanger ?

Qu’il fasse ce qu’il aime ! Avant, on disait que lors de la première année d’apprentissage en boulangerie, on ne touchait pas à la pâte. On faisait la plonge, on récurait les grilles, on lavait le sol, on nettoyait la merde et voilà. Si le mec tenait un an comme ça, c’est qu’il était vraiment motivé. Aujourd’hui, on a des jeunes qui sont là depuis seulement 2 mois, ils veulent déjà cuire et façonner. Il faut qu’ils s’accrochent ! Ce n’est pas un métier facile. quand les collègues sortent le week-end, toi tu es au travail. Si vous faites ça avec amour, il n’y a pas de souci, vous réussirez !

Retrouvez Raoul Drap dans ses boulangeries Maison Drap
223 rue Duguesclin
69003 Lyon

5 rue Dubois
69002 Lyon

Boulangerie : franchiseur ou franchisé, bonne idée ?

Les boulangeries franchisées fleurissent ici et là, dans les villes comme dans les campagnes. S’il y a quelques années encore, les boulangeries étaient la chasse-gardée des artisans, aujourd’hui, de nombreux entrepreneurs sont prêts à faire le choix de la franchise. Pourquoi ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Quelles sont les démarches à suivre ? la réponse dans l’article !

Devenir franchisé(e), oui, mais pourquoi ?

Les franchises sont de plus en plus présentes dans l’univers de la boulangerie et les concepts se développent pour coller à l’image souhaitée : boulangeries bio, à emporter, artisanales, restauration boulangère…


La franchise permet à un boulanger de se consacrer exclusivement à son métier, laissant la communication, le marketing, la logistique à des experts. C’est une véritable garantie pour qui ne veut pas multiplier les risques. Elle permet de bénéficier de la notoriété et du rayonnement de la chaine, tout en profitant de plus de moyens pour faire face à la concurrence des enseignes.
Mais attention, une relation franchiseur-franchisé doit être gagnant-gagnant ! Devenir franchisé ne signifie pas se reposer sur ses lauriers. Le franchiseur doit pouvoir lui aussi s’y retrouver. C’est pourquoi, pour devenir franchisé, il faut répondre à quelques critères qui varient selon les entreprises. Vous devez apporter un apport financier, pouvant aller de 80 000€ à 120 000€, mais aussi prouver votre motivation et votre envie de réussir.
Séduit par les franchises ? Il ne vous restera plus qu’à faire votre choix parmi les nombreux franchiseurs qui peuplent le marché de la boulangerie. Veillez à ne sélectionner que ceux qui sont en parfaite adéquation avec votre image, vos attentes, vos objectifs, mais aussi et surtout, votre vision de la boulangerie.

Une pause gourmande au top ! Merci à @foodie.boulie pour cette jolie photo. 😉 #sandwich #yummy #lamiecaline

Une publication partagée par La Mie Câline (@lamiecaline) le

Désireux de préserver votre indépendance ? Passez votre chemin, la franchise n’est pas faite pour vous ! En effet, devenir franchisé implique de respecter un lourd cahier des charges, ainsi que de nombreuses contraintes en terme d’image ou de conception de produits.

 

Devenir franchiseur, une autre vision du développement

Vous avez une première boulangerie et un concept attractif ? Votre boulangerie a déjà fait ses preuves ? Vous souhaitez développer votre activité ? Pourquoi ne pas se lancer dans l’aventure franchise côté franchiseur ? Ce modèle de développement facilite et accélère les implantations pour un coût final moindre.
Toutefois, la création d’un réseau de franchisés sera préférable s’il existe une véritable image de marque et un savoir-faire particulier à transmettre aux franchisés. Il faut avoir un concept propre, qui donne envie d’investir.


Évidemment, on ne peut pas faire confiance à tout le monde. Et pour mettre toutes les chances de son côté, le franchiseur doit sélectionner des professionnels qui correspondent au concept à développer.
On le sait, le savoir-faire du boulanger français est reconnu et apprécié aux quatre coins du monde. Créer son réseau de franchise peut être une bonne idée pour qui veut s’implanter à l’étranger !

Et vous, tenté(e) par la franchise en boulangerie ?
Boulangers franchisés, vous souhaitez recruter vos équipes en vue de l’ouverture de votre commerce ? Contactez nos chargés de recrutement au 09 72 52 09 74 ou à contact@thegoutjob.com