Classements,
quand les étoiles
ne suffisent plus

Certains sont attendus comme le messie, d’autres ne durent qu’un temps. Ils couronnent un chef, une brigade ou un restaurants. Ils sont décriés ou adulés. Vous l’aurez compris, ce sont les classements qui nous intéressent aujourd’hui.

Les classements, pour qui ? Pourquoi ?

Du top 100 par le magazine Le Chef, au classement OAD, en passant par La Liste, les classements semblent s’être démultipliés ces dernières années. Longtemps pourtant, le guide Michelin ou l’obtention du titre Meilleur Ouvrier de France suffisait à consacrer un chef ou un restaurant.

#100Chefs #GéraldPassedat

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Aujourd’hui, les classements sont devenus de formidables outils marketing offrant aux premiers un temps sous le feu des projecteurs médiatiques.
Mais ces classements en viennent à être si nombreux qu’ils ne font que marquer la confusion dans l’esprit des consommateurs. D’autant que bon nombre d’entre eux privilégient une méthodologie opaque et un fonctionnement complexe.

On en viendrait à penser qu’ils sont créés pour encenser toujours les mêmes chefs, flatter leur égo et surtout, faire de la publicité aux médias, agences, sponsors ou entreprises à l’initiative du projet.

Certains chefs et professionnels de la gastronomie ont choisi de s’élever contre ces classements arbitraires, parfois bêtes et méchants. Joël Robuchon ou Thierry Marx ont par exemple signé une pétition, jugeant que le classement 50 best était « opaque, sexiste et complaisant », et faisait « primer le nationalisme culinaire sur la qualité des mets et la notoriété des chefs sur la satisfaction des clients, voire leur santé ».

La cuisine plus vite, plus haut, plus fort

À vouloir occuper à tout prix la tête des classements, les chefs ne délaissent-ils pas leur cuisine au profit de la célébrité, des unes et des flashs ?
La cuisine doit se vivre comme une passion et non pas comme un sport. De plus en plus de chefs reprochent à leurs pairs de ne plus cuisiner pour leurs clients, mais pour faire les gros titres et apparaitre dans le top 10 d’un énième classement.

Sur son compte Instagram, le chef Christian Puglisi se dit ”fatigué de ce besoin constant de dimensionner, classer et répertorier chaque chose dans cette industrie de la cuisine ”.

Look at this! I have been voted (I think) to be the 69th best chef in the world! And I really hope that you really don’t give a flying fuck! Because guess what? You shouldn’t! I have grown so tired of this constant need to sizing, ranking and listing every single thing in this industry. It seems like a month can’t go by without some new list coming out that you need to relate to. 50 best restaurants, 100 best restaurants, 50 best pizza, Top 300 most influential under 30, best chef in the world, I won’t be surprised to soon finding the worldwide Top 100 ramen shop, the 50 best dressed chef of the year list (won by Quique Dacosta every year so maybe short lived..) the 100 best chefs on instagram and why not; The Best Chef Tattoo List in my feed or inbox. But now things are getting ridiculous – let me all just remind you if you forgot for a moment. It’s about food. Cooked in restaurants. – it’s not sports, it’s not politics. It’s not about votes, it’s not about ratings. It’s about eating, living, cooking and kicking ass. There is in my mind no sense in turning the great art of gastronomy and conviviality in a constant competition for acknowledgement, rankings and likes. It does not NEED to! Do you like what you are doing/eating/cooking? Does it need to be related to other experiences of that kind to have any value? No! Just enjoy the moment! Be present! It’s subjective! Sometimes you need to take the time to try and understand a bit of complexity rather than just simplifying every damn thing by ranking it. And yeeeees, I acknowledge that me and my business have been helped by many a ranking. At first my ego gets me excited, wow- top 100 chef in the world.😎 But then I’m thinking; who the hell has the right to judge me or anyone else on a scale with thousands of other cooks that I might have a lot or absolutely nothing in common with…? As a person? As a chef? I have not entered an election as far as I know. People! – you can’t rate people!!! Some of these ideas need to live and die their short lives behind the doors of some marketing department of some blendermaking company. Enough now. #bestchef #rankmyrant

Une publication partagée par Christian Francesco Puglisi (@chrifrapug) le

Alors, ne devrions-nous pas nous contenter de nos sacrosaintes étoiles ?